Interview de Frédéric THENE, intervenant sur les colonies Quad

Interview de Frédéric THENE

IMG_6018Mécanicien moto et éducateur sportif, Frédéric Thene dispose d’une longue expérience d’encadrement d’enfants, de 6 à 17 ans, dans le milieu spécifique de la moto et du quad. Pendant plus de 8 ans, il animait des séances d’initiations et de perfectionnement auprès des jeunes, dans le cadre d’une école labélisée de la Fédération Française de Moto. Cette institution prenait des couleurs de colonie moto pendant les vacances scolaires et Frédéric Thene intégrait, alors, une équipe d’animation moto. Un jour, un ami lui propose d’encadrer une colonie quad : une proposition qui arrivait à point nommé pour cet homme, en quête de nouvelles expériences dans l’éducation sportive, couplées à l’envie de changer de discipline.

Grâce à Frédéric Thene, Gentiane en piste organise sa « colonie quad », adressée aux enfants de 8 à 17 ans, de tous niveaux. Pendant cette semaine, les jeunes profitent d’un parc de 85 hectares avec des parcours aménagés et une flotte de véhicules adaptés à leur taille. Après une séance de découverte et d’apprivoisement de l’engin, ils effectuent des randonnées, qui, au fil des jours, se complexifient.

Quel est le profil des jeunes tentés par cette colonie quad ?

Les jeunes sont issus de tous les milieux sociaux, offrant à la colonie quad, une mixité socioculturelle propice au développement de chacun et à l’adaptation à la vie en collectivité. Si l’attrait reste majoritairement masculin, les jeunes filles sont, malgré tout, systématiquement présentes, au nombre de 2 à 5 par session. Mais, il est vrai que la recherche de sensations fortes, mêlée à la découverte du quad en lui-même, attire plus particulièrement les garçons. Il s’agit d’un moyen pour eux de se défouler.

Il est également possible d’accueillir des enfants au profil particulier (surpoids, hyperactivité, réinsertion sociale, voire handicap) : une concertation préalable avec la famille, le jeune et l’éducateur – permet de parfaire l’encadrement et d’éviter des situations délicates, qui pourraient mettre l’enfant en souffrance.

D’une manière générale, tous les candidats sont acceptés, dans la mesure où ils respectent la sécurité et le cadre que je leur impose. Aucune prédisposition n’est requise, la colonie de vacances pourra être, ainsi, une découverte pour les uns et un perfectionnement pour les autres : c’est ensuite à l’éducateur d’organiser sa séance, afin de favoriser la réussite et la progression de chacun.

Les jeunes sont « acteurs de leurs séances ». Comment conjuguez-vous les notions de sécurité et de liberté ?

Je ne transige pas avec la sécurité. Il m’est déjà arrivé de congédier un jeune pour ce motif : il ne respectait pas les distances de sécurité entre les machines et ne semblait pas vouloir prendre en compte mes nombreuses remarques à ce sujet. Au bout d’un certain temps, j’ai du le raccompagner au centre. A noter que le jeune en question est revenu, la semaine suivante, pour suivre une nouvelle colonie quad et qu’il a, à cette occasion, parfaitement suivi mes instructions sécuritaires.

Une chose est sûre : le risque zéro n’existe pas, comme dans beaucoup d’activités, d’ailleurs. Mon rôle est donc de mettre en place des règles de sécurité, que les jeunes doivent, à la fois, suivre et comprendre. Bien sûr, la colonie quad enregistre quelques « bobos » (écorchures, bleus, voire entorses) mais c’est l’apanage de tous les sports. En cas d’absolue nécessité, j’ai la possibilité de « brider » les machines mais l’objectif pédagogique n’est pas ici.

Les règles de sécurité et l’organisation des séances sont destinées à réduire les risques au maximum, mais le facteur déterminant reste le comportement des jeunes : ce sont eux qui apprennent à conduire et développent des réflexes, à la fois pérennes et renforcés par leur progression.

Une responsabilité accueillie avec enthousiasme par les jeunes, au même titre que celle de mener des parties de randonnées ou d’exercices. Une démarche aussi intéressante pour moi que pour eux. Mon attitude n’est pas directive, j’invite les enfants à être acteurs de leurs séances, à prendre des initiatives et à endosser les responsabilités inhérentes à leur choix.

Une colonie où il fait bon revenir ?

Le site de La Bourboule est un terrain de plus de 80 hectares : une véritable mine d’or me permettant de varier les plaisirs, entre champs et terrains dénivelés, en passant par des zones rocailleuses ou sous les bois. Les jeunes peuvent ainsi revenir à loisir : je m’organise pour les faire progresser (niveau de difficultés), tout en changeant de zone de pratique ou d’exercice.

De toute façon, pour mon propre plaisir, je modifie le programme d’une semaine sur l’autre, à part, bien évidemment, la première séance de prise en main de la machine et d’utilisation des commandes (freinage, accélération, passages des rapports). Et j’associe, à chaque programme, un certain nombre de jeux, dont je modifie périodiquement la forme : concours de dérapage, courses de slalom en relais, concours de figures, etc. Ce sont ces animations qui fonctionnent le mieux auprès des jeunes : Apprendre en s’amusant, quoi de mieux…

En conclusion, Frédéric Thene reçoit autant qu’il donne, à l’occasion de ces rencontres, ce qui vient enrichir son expérience : « chaque séance avec chaque jeune est enrichissante ».  Chaque groupe a ses caractéristiques et ajoute à la découverte. Vivement la prochaine colo 100 % quad !

 

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